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Private%20Banking vom 15.12.2009
Edouard Bolleter, 9694 signes
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Manuel Leuthold: «Nous avons l’obligation d’être meilleurs»
 
A la tête de la direction de la clientèle entreprises et institutionnelle d’UBS à Zurich, le Romand le plus en vue de la grande banque analyse l’évolution des affaires.
 
Après vingt-cinq années au sein d'UBS, Manuel Leuthold est devenu «le Romand le plus en vue» au sein de la grande banque suisse. Très connu sur la place financière locale après avoir été responsable de la région romande, Manuel Leuthold a été promu en mars à la direction opérationnelle de la clientèle privée suisse à Zurich.

L’année devait décidément être celle des changements d’affectation puisque quelques mois plus tard, en août dernier, le banquier devenait responsable de la clientèle institutionnelle et entreprises pour la Suisse. Bien ancré aujourd’hui dans ses nouvelles fonctions à Zurich, Manuel Leuthold a accepté de revenir sur une année 2009 mouvementée pour la banque avant de donner ses sentiments concernant les mois à venir.
Sa double expérience dans le private banking et les crédits aux entreprises ainsi que le quart de siècle passé dans l’établissement bancaire le plus important de Suisse offrent un témoignage précieux sur l’évolution des affaires et le positionnement d’UBS aujourd’hui. L'analyse d'un banquier romand basé à Zurich, domicilié à Genève (où il rentre le week-end) et actif dans la Suisse entière.

Monsieur Leuthold, deux changements de poste sous forme de promotions et une installation à Zurich. 2009 n’aura pas été un long
fleuve tranquille pour vous et la banque…

2009 a été une année de transition pour moi puisque j’ai quitté la direction de la Suisse romande après douze années dans cette région. C’était un long bail et je me suis occupé de tous les segments de clientèle dont celui des entreprises, ce qui est mon métier de base. Ensuite sont venus s’ajouter le retail en 2002 et le wealth management en 2007. Cela a donc été un grand changement pour moi de quitter tous les collègues et les clients avec qui j’avais pu tisser des relations durables.

Vous considérez ces changements comme des promotions?

Absolument. J’ai des responsabilités qui s’étendent dorénavant à toute la Suisse.

Les exemples de Romands promus à Zurich sont rares. Avez-vous un mentor?

Je connais beaucoup de gens, j’ai fait vingt ans dans le domaine commercial et des entreprises. J’ai l’expérience aussi de la conduite d'une grosse organisation comme la région de la Suisse romande. J’ai donc deux expériences cumulées qui ont joué un rôle dans cette nomination.

Qui est votre supérieur hiérarchique?

Le CEO pour la Suisse est Franco Morra, il est donc mon supérieur hiérarchique.

Que signifie être responsable de la clientèle entreprises et institutionnelle?

Je m’occupe des petites, moyennes et grandes entreprises, des caisses de pension, des assurances, des banques, des professionnels de l’immobilier et de tout ce qui touche aux corporations de droit public au niveau suisse.

Et la nouvelle organisation des régions, qu’en pensez-vous?

Pour moi, c’est un très bon modèle qui fait beaucoup de sens pour plusieurs raisons. D’abord grâce à la désignation d’un CEO pour la Suisse, Franco Morra, qui s’occupe de toutes les activités de la banque au niveau national. Il est membre du directoire du groupe, ce qui est très important. Ensuite, il y a dorénavant un team de direction pour la Suisse où sont représentés tous les secteurs d’affaires, le wealth management, mon secteur lié aux entreprises et institutionnels, la banque d’affaires, le global asset management et le retail.
Pour moi, c’est une chance de pouvoir avoir des contacts étroits et réguliers avec mes collègues et de parler de nos clients afin de partager nos visions et nos conseils. Cela donne une plus grande cohésion pour aborder nos clients.

Comment cela se traduit-il par exemple pour votre clientèle?

Prenez un entrepreneur. On peut gérer son patrimoine, on peut le conseiller pour la planification de sa retraite et de sa succession, on peut servir son entreprise, lui ouvrir des crédits et lui proposer des accréditifs. On peut proposer énormément de choses et faire la différence car nous avons toutes ces compétences dans la «maison».

Cette réorganisation engendre des nouveautés dans votre secteur d’activité aussi?

Oui, nous avons regroupé sous le même toit tout ce qui touche aux entreprises. Donc, dans l’unité que je dirige, il y a les conseillers qui s’occupent des petites entreprises, les spécialistes qui s’occupent par exemple de la gestion des liquidités ou des fusions-acquisitions et des conseillers immobiliers. Nous avons unifié tout ce qui touche à la clientèle entreprises alors qu’avant c’était plus dispersé.

Douze régions aujourd’hui, il en reste beaucoup...

La logique était de dire quels territoires font du sens du point de vue socio-économique et démographique et ont une taille qui permet aux responsables régionaux d’avoir un visage et d’être proches de la clientèle. La région que j’ai dirigée pendant douze ans était très grande et cela demandait des efforts énormes pour être connu partout. On a créé des régions un peu plus petites et on se rapproche de la clientèle. En outre, on a supprimé les zones de marché ainsi qu’un échelon hiérarchique.

Si vous deviez résumer 2009 à titre personnel?

Durant le premier semestre, je me suis efforcé de bien quitter la Suisse romande en assurant la transition. Ensuite, j’ai dû me mettre dans mes nouvelles fonctions. J’ai dû faire connaissance avec les autres régions, nous sommes présents dans 65 endroits en Suisse, ce qui engendre beaucoup de déplacements.

Et comment ont fonctionné les affaires en 2009?

Nos affaires sont en croissance cette année. Je suis très content de constater que les relations avec la clientèle ont continué à se développer dans mon secteur. Nous avons moins souffert que dans d’autres domaines de la banque, c’est clair.

Pourquoi?

Cela tient certainement à la nature de notre clientèle. Ce sont des gens qui ont des relations avec notre banque d’un point de vue professionnel et probablement que cela laisse moins de place à l’émotion. De plus, nous avons beaucoup travaillé à conserver la même qualité de service et de conseil.

UBS est incontournable sur le segment des entreprises. Une situation parfois critiquée…

Nous avons un taux de pénétration de 45% sur le marché suisse, soit environ 135 000 entreprises. Nous voulons accentuer encore cette présence. Nous travaillons à augmenter cette proportion sur deux axes. Le premier est l’acquisition de clientèle. Nous avons lancé des mesures qui donnent de très bons résultats en ce moment. Le second axe consiste à renforcer les contacts avec la clientèle existante pour devenir la banque principale.

Dans votre domaine d’activité, la période de crise pourrait être intéressante pour UBS?

Il ne faut jamais se réjouir des difficultés financières car elles ont des conséquences sur le plan humain. Soyons honnêtes, les crises sont des occasions pour démontrer la qualité d’une relation et notre compétence.

Vous avez gagné de nouvelles affaires pendant la crise. Sur le dos des concurrents?

Il est vrai que le retrait du marché suisse de certaines banques étrangères nous a profité. Au niveau des banques suisses, c’est moins le cas.

La réputation d’UBS a été entachée. Quel est l’impact sur la clientèle, quel est votre message à leur égard?

Les entrepreneurs passent aussi par des hauts et des bas, ils comprennent ce que nous avons vécu. Mon message aux clients: Nous avons un certain handicap lié aux difficultés que nous avons eues et pour cette raison nous devons nous donner plus de peine. Nous avons l’obligation d’être meilleurs.

Quelle est la différence entre la gestion privée et celle des entreprises, deux domaines que vous connaissez bien?

J’aime avant tout comprendre comment fonctionne une entreprise, quels sont ses buts et ses différents besoins. Avec un client privé, c’est le même processus, il faut comprendre ses soucis, ses besoins patrimoniaux ou ses projets.

Quelle est la proportion de collaborateurs d’UBS entre l’activité entreprises et institutionnelle et celle de la gestion privée?

Dans mon département, il y a environ 1500 postes, une proportion à peu près égale à celle du private banking.

Et concernant les segments? Le private banking va-t-il diminuer avec la pression sur le secret bancaire?

Je peux vous parler de mon secteur. Certainement, je vois un avenir assuré tant que la Suisse aura des entreprises. Le pays se développe et nous avons des groupes de grande qualité. Ce développement va créer de la richesse pour tous ceux qui travaillent et pour les propriétaires des entreprises. Cela va profiter ensuite à la gestion de patrimoine.

Après vingt-cinq ans dans la banque UBS, vous êtes une référence. Quel est votre avis sur l’établissement?

Je suis absolument confiant. Nous sommes dans un processus de profond changement et il faut travailler dur pour le mener à terme. Nous allons accompagner la croissance et engager des gens selon la conjoncture.

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Profil

- 1984 Manuel Leuthold, 49 ans, licencié en droit et en sciences économiques, entre chez UBS. Il occupe diverses fonctions de conduite et de conseil pour la clientèle entreprises.

- 2002 En plus de la responsabilité de la clientèle privée et commerciale, il est nommé au poste de chef de la région Suisse romande.

- 2009 Suite à la restructuration d’UBS, il est promu à la direction opérationnelle de la clientèle privée suisse à Zurich. Quelques mois plus tard, en août, nouveau changement: il devient responsable de la clientèle institutionnelle et entreprises pour la Suisse.
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