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Private%20Banking vom 15.12.2009 Geneviève Ruiz, 7022 signes |
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| Formation: En 2010, on va manquer d'informaticiens bancaires |
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| La situation économique a entraîné un gel des embauches et le report de nombreux projets informatiques. Dès 2010, la pénurie qui touche le secteur bancaire devrait réapparaître. |
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Un million d’informaticiens, c’est ce qu’il manquerait dans le monde pour répondre à la demande du marché, selon MSEmploy, le site de la filiale emploi de Microsoft. Cela représente 6% des effectifs actuels. Le problème concerne autant les pays occidentaux qu’émergents: l’Inde fait état d’un manque de 200 000 informaticiens et la Chine de 500 000. En Suisse, l’association des maîtres d’apprentissage en informatique annonçait un sous-effectif de 8000 informaticiens en début d’année.
Ce problème est bien connu de Christophe Andreae, ancien président du Groupement romand de l’informatique (GRI) et associé du cabinet de recrutement spécialisé en informatique JRMC. «Notre branche souffre d’un sérieux problème d’image suite au chômage provoqué par la bulle Internet du début des années 2000 et des délocalisations opérées par de nombreuses entreprises. Et nous souffrons encore de cette association du métier avec des geeks boutonneux scotchés à leur écran, qui mangent des pizzas froides. Nous devons convaincre les jeunes, et surtout les filles, que ces métiers ont changé.» Pour cela, Christophe Andreae, soutenu par de grandes entreprises suisses, ne ménage pas sa peine: stands lors de manifestations, journées des «Filles et de l’informatique» et contacts étroits avec les gymnases. «Le problème, c’est que le résultat de ces actions ne se fera sentir que dans cinq à sept ans. Si nous ne faisons rien, la situation risque de devenir très critique.» Du côté des banques, qui emploient des milliers d’informaticiens en Suisse – 4000 rien que pour Credit Suisse –, la pénurie d‘informaticiens se fait également sentir. On recherche beaucoup d’experts Java (langage informatique utilisé par les applications embarquées online), Oracle (gestion de base de données) ou avec de l’expérience sur des logiciels spécialisés. Albin Baptista, actuel président du Groupement romand de l’informatique, précise: «La plus forte demande se situe dans les systèmes d’aide à la décision et d’analyse des données qui sont des éléments stratégiques pour les banques. Afin de les développer, il faut des spécialistes qui possèdent d’excellentes compétences techniques et une bonne connaissance du milieu bancaire. Cela fait deux métiers, en quelque sorte. Evidemment, ce type de profil ne court pas les rues.» Daniel Brauen, organisateur des Journées solutions bancaires à Genève, ajoute: «Ce qui manque cruellement, ce sont des chefs de projets. Des personnes compétentes dans leur métier d'informaticien, capables en plus d'avoir une vision transversale des choses et de mener à bien des projets complexes impliquant de nombreux acteurs.»
Dénicher les perles rares
Tous les experts interrogés le confirment, les profils techniques les plus recherchés par les banques sont des spécialistes de haut niveau, diplômés universitaires ou des EPF. L’informatique bancaire s’apprend sur le tas, il n’existe pas de diplôme académique spécifique. La plupart des établissements investissent beaucoup eux-mêmes dans la formation continue de leurs collaborateurs pour couvrir leurs besoins. A l’image de la société de progiciels bancaires ERI, l’engagement de spécialistes se fait prioritairement à l’interne. «Il est très important pour nos clients et pour nous-mêmes que nous gardions une parfaite maîtrise de nos activités», explique Philippe Boschung, responsable des ressources humaines chez ERI. Pour dénicher les perles rares, les banques et les sociétés de services informatiques collaborent avec les écoles d’ingénieurs et les universités. Elles utilisent également leur réseau et les services de chasseurs de têtes. Beaucoup n’hésitent pas à recruter également sur les campus étrangers ou à créer des succursales offshore, comme l’a fait le lausannois Elca au Vietnam. Pour Christophe Andreae, les recrutements à l’étranger seront de plus en plus ardus: «Tous les pays ont besoin de leurs ingénieurs informaticiens. Difficile donc de les motiver à venir en Suisse, notamment en raison de notre coût de la vie.» Et Albin Baptista d’ajouter: «Le type de spécialistes dont les banques ont le plus besoin actuellement se trouvant dans l’informatique décisionnelle, ils doivent être connectés à la culture de l’endroit où ils travaillent et en parler la langue. Il faut les recruter dans les bassins d’emplois locaux.»
Le marché se détend avec la crise
Crise économique oblige, depuis la fin de l’année 2008, les banques et les sociétés de services informatiques font toutefois face à un ralentissement des projets informatiques. Ceux qui sont en cours continuent généralement, les projets sont plutôt reportés ou annulés. Lors de restructurations, certains informaticiens, principalement dans l’infrastructure, ont même perdu leur emploi. «Sur notre site, il y a environ 50% d’annonces en moins qu’il y a une année, note Florence Leysson-Thierret, directrice de JobUp. Les postes sont plus rapidement repourvus. Nous constatons qu’il y a des candidats bien qualifiés sur le marché.» Les éditeurs et les sociétés de service informatiques comme ERI, DeltaConcept ou Elca le confirment, le marché de l’emploi est un peu moins tendu qu’il y a une année. «Je reçois des CV chaque semaine, raconte Pierre-Yves Sacchi, directeur de DeltaConcept. Dont certains de spécialistes très pointus en provenance de l’industrie.» Chez ERI, Philippe Boschung souligne que «cette année, nous avons engagé une vingtaine de spécialistes et parvenons à recruter les forces nécessaires à notre développement».
La compétition sera rude
Avec la reprise annoncée pour le courant de l’année 2010, les banques recommenceront à investir dans des projets informatiques. «Pour nous, ce marché connaîtra à nouveau une croissance», considère Florence Leysson-Thierret. «Si l’économie reprend, nous allons forcément au devant d’une pénurie, estime Willy Zwaenepoel, professeur d’informatique à l’EPFL. Nous ne formons actuellement pas assez d’informaticiens pour répondre à la demande du marché. C’est d’autant plus préoccupant que la population des informaticiens suisses est vieillissante.» La compétition pour attirer les spécialistes hautement qualifiés n’en sera que plus rude. Pour engager les talents, des conditions salariales mirobolantes ne suffiront pas. La qualité du produit compte également beaucoup pour un informaticien. Chez Elca, on table sur «une attribution de projets intéressants pour nos ingénieurs, ainsi que sur un soutien conséquent à la formation continue», comme le résume Daniel Gorostidi, directeur général. Le directeur des ressources humaines d’ERI affirme de son côté qu’en raison «de la réputation d’ERI dans le domaine du logiciel bancaire, nombre de candidats contactent l’entreprise spontanément. Le produit est le meilleur ambassadeur.» Il reste que, sur un point, tout le monde est d’accord: contre la pénurie, la seule issue reste de convaincre les garçons et les filles, dès leur plus jeune âge, que les métiers de l’informatique sont passionnants.
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