GROUPE ARCHIVES CONTACT INFORMATIONS MEDIAS
 
ARCHIVSUCHE
Suchbegriff :  Publikation :  Archiv durchsuchen
click
Article
PME Magazine vom 24.02.2010
Cornelia Heins, 6699 signes
Diesen Artikel ausdrucken Article
 
La manne du gaz naturel
 
Comparé au pétrole, le gaz est toujours bon marché. Cela incite certains groupes du secteur de l’énergie à racheter des sociétés actives dans cette branche florissante.
 
Le secteur de l’énergie a radicalement changé ces cinq dernières années, comme le montrent les prix du pétrole et du gaz. Habituellement, ils évoluent de manière plus ou moins parallèle: quand grimpe le prix du brut, celui du gaz s’accroît aussi. C’est ainsi que les cotations de l’une et l’autre source d’énergie ont augmenté dans une semblable mesure entre 2004 et 2008, avant de retomber de près de 50% peu avant la crise.

Si le prix du brut, partant d’un plus bas à 44,60 dollars le baril, s’est rétabli à 80 dollars, ce niveau actuel est encore loin du plus haut historique à 145 dollars le baril (été 2008). Le prix du gaz naturel, qui atteignait en 2005 un plus haut à 15,40 dollars par BTU (British Thermal Unit) et plongea sous les 2 dollars durant la crise financière, s’est en revanche stabilisé au-dessous de 6 dollars. Il est actuellement plus bas que début 2004.

Valorisation. Les bas prix du gaz naturel offrent aux groupes pétroliers l’opportunité d’investir dans l’industrie gazière à des conditions avantageuses. Le secteur est d’autant plus attrayant que des technologies innovantes permettent de valoriser des gisements de gaz jusqu’alors inexploités. Dans ce contexte, on comprend mieux la récente annonce de la reprise de XTO Energy par le pétrolier ExxonMobil ou celle de la prise de participation de 25% de Total dans l’exploitation du gisement de schistes bitumineux de Barnett par Chesapeake Energy.
Depuis quelques semaines, la compétition autour du gaz se fait vive, avant tout au Texas: les grandes sociétés pétrolières sont à la recherche de partenaires indépendants pour s’assurer des parts de marché. Quicksilver Gas Service et Range Resources, deux sociétés indépendantes, sont engagées sur le site de Barnett. En outre, Range Resources fore les schistes de Marcellus en Pennsylvanie et dans l’Etat de New York. Les évaluations de Midkiff sont crédibles car en mai 2008 il avait déjà prédit la reprise de XTO par ExxonMobil.

Fracturing. Pourquoi le prix du gaz est-il si bas? A cause de l’offre et de la demande. Car, à la différence des pétroliers, les gaziers ont, ces dernières années, mis en exploitation de nouveaux gisements de cette énergie plus écologique, avec succès. En particulier dans les schistes de Barnett, une région du nord du Texas découverte dans les années 1980, et dont de nouvelles méthodes de forage ont permis de rendre accessibles d’immenses gisements.
Barnett est une formation géologique qui remonte à quelque 350 millions d’années et s’étend sur 1300 km2 autour des villes de Dallas et de Fort Worth. Certains experts estiment qu’il pourrait s’agir du plus grand champ gazier du monde. En dépit d’une baisse du prix du gaz, les recettes de ce gisement, aujourd’hui exploitable avec la méthode du «fracturing», sont de l’ordre de quelque 9 milliards de dollars par an.
Alors que les gisements traditionnels sont forés et pompés verticalement, le «fracturing» consiste à mélanger du sable et de l’eau et à les injecter sous haute pression dans les puits de forage. Ce procédé peut être appliqué verticalement aussi bien qu’horizontalement et permet d’agrandir les pores de la roche, augmentant la perméabilité au gaz et au pétrole. Il y a quelques années encore, le coût de ce procédé était trop élevé pour que les forages s’avèrent profitables à Barnett. Puis, au fil de ces cinq dernières années, plus de 3800 puits de forage ont été creusés sur le site, parfaitement visibles d’avion.

Inattendu. XTO Energy et Chesapeake ont été les précurseurs pugnaces dans l’acquisition de droits de forage et le perfectionnement de méthodes d’exploitation innovantes. Chesapeake a fait la une des journaux en entamant un des plus gros forages en un lieu très inattendu: à côté de l’aéroport international de Dallas-Fort Worth, le quatrième plus grand du pays, situé au beau milieu du site de Barnett. En 2006, Chesapeake lui a versé 181 millions de dollars de droits pour forer horizontalement ces trois à quatre prochaines années, sous les 7500 ha d’installations aéroportuaires. En outre, l’aéroport est associé à hauteur de 25% aux possibles profits de l’exploitation gazière.
XTO Energy contrôle les plus grandes réserves de gaz du Texas avec les coûts d’exploitation les plus bas. L’offre de plus de 31 milliards de dollars d’ExxonMobil pour l’achat de la société domiciliée à Fort Worth en décembre dernier a constitué pour le CEO de XTO Energy un sympathique cadeau de Noël. A 61 ans, Bob Simpson, qui a fondé la société en 1986, passe pour un des meilleurs chefs d’entreprise du pays. Incidemment, l’actrice Jessica Simpson est une proche parente.
L’accord entre ExxonMobil et XTO constitue la plus grosse acquisition du secteur de l’énergie depuis la reprise de Mobil par Exxon en 1999. La raison pour laquelle ExxonMobil est disposé à payer autant pour XTO réside dans la stratégie mise en œuvre par Simpson qui, ces deux dernières années, a racheté des sociétés comme Hunt Oil disposant de grandes réserves de gaz naturel. «Actuellement, il n’y a pratiquement plus de réserves de gaz à acheter, constate Stephen Leeb, expert en matières premières. XTO contrôle de vastes réserves à travers le pays, au Texas, en Louisiane et au Colorado.» Même après la reprise par ExxonMobil, XTO restera le bras créatif et innovant du géant pétrolier en développant son activité au-delà des frontières américaines.

Environnement. L’autre poids lourd de l’or noir qui prend ses aises dans l’industrie du gaz texane est le français Total, qui participe avec 25% aux activités de Chesapeake sur le site de Barnett. Chesapeake entend investir le montant de cette vente dans sa capacité de production. L’entreprise texane conservera la majorité sur la partie vendue et sera responsable d’éventuels dommages à l’environnement, du genre pollution des eaux.
Certains défenseurs de l’environnement accusent le procédé du «fracturing» hydraulique d’être néfaste pour l’eau et cause de séismes. Raison pour laquelle le groupe ExxonMobil a inséré dans son projet de contrat avec XTO une clause prévoyant la possibilité de renoncer à la transaction au cas où le «fracturing» pourrait être interdit.
Hormis ce risque, les perspectives sont bonnes dans l’industrie gazière: le vice-président d’ExxonMobil, Andrew Swiger, a récemment exposé que le recours au gaz naturel allait augmenter de plus de 30% au cours des trente prochaines années. C’est une alternative plus écologique que le pétrole et qui va remplacer le lignite comme source d’énergie. En fonction de l’évolution de cette substitution, le prix du gaz pourrait monter à 10 dollars par BTU au cours des prochaines années, estiment certains experts.
PME Magazine vous interésse? Pour souscrire un abonnement, cliquez ici.
 
Keine Unternehmen zugeordnet.
Zurück
PUBLICATIONS