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Private%20Banking vom 30.06.2010 Mélanie Knüsel-Rietmann, 7088 signes |
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| François-Xavier de Mallmann: Un banquier romand en Champion’s League |
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| Partenaire à 33 ans, membre du comité de management européen de Goldman Sachs, le Genevois est qualifié d’étoile montante par le «Wall Street Journal». Portrait d’un banquier réservé. |
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Lord Griffiths of Fforestfach avait montré son humour irlandais lors du dernier Symposium de Saint-Gall: «Nous avons chez nous beaucoup de gens plus jeunes et plus attrayants; vous devriez faire leur connaissance.» Le «nous» sous-entendait la banque d’investissement Goldman Sachs (GS) dont il est l’un des présidents. Et «plus jeunes et plus attrayants» faisait allusion à «l’étoile montante» du Wall Street Journal .
La description ne peut s’appliquer qu’à une seule personne: le Genevois François-Xavier de Mallmann, devenu à l’âge de 33 ans Partner et Managing Director, membre du comité de management européen et responsable des affaires suisses. En tant que responsable de l’European Financing Group de Goldmans Sachs, François-Xavier de Mallmann dirige les opérations sur le marché des capitaux dans les secteurs marchés des fonds propres et des fonds de tiers, ainsi que les instruments dérivés sur actions, sur intérêts et sur devises. Il est très rare que des banquiers suisses accèdent ainsi à la Champion’s League. Quand on lui en parle, François-Xavier de Mallmann hausse les épaules et juge que ce n’est rien de spécial. Simple modestie? Hélas non, comme on le découvre au fil de l’entretien. Hélas, parce qu’il est difficile de lui soutirer des informations autres que celles concernant son quotidien professionnel. Son langage non verbal est facile à interpréter et dès qu’il est question de Goldman Sachs et de faits concrets, FX – c’est comme ça qu’on le surnomme – s’épanouit littéralement. La gestuelle se fait vive, ses prunelles s’animent. Plus FX parle de son métier, plus ses mains et ses bras prennent vie. Une question quant au métier qu’enfant il se voyait pratiquer le ramène au calme. C’est comme s’il disait: «Qui cela peut-il bien intéresser?» Nous, par exemple. Possédait-il une tirelire? Là, ça le fait carrément sourire. «Non, je ne voulais qu’une chose: exercer plus tard une profession qui me laisse de l’indépendance et de la liberté d’action. A aucun moment, j’envisageais une carrière bancaire.» Objectif atteint? «Tout dépend de la définition de la liberté d’action. J’ai à la fois beaucoup plus et beaucoup moins que ce que j’attendais. Actuellement, je veux pouvoir maîtriser mon agenda et choisir avec qui je passe du temps.»
Des performances hors du commun
Pourquoi, à 22 ans, au terme de ses études, est-il devenu banquier alors que cela ne faisait pas du tout partie de ses projets? Est-il possible que ses années à l’Université de Saint-Gall (HSG) aient bouleversé ses plans? Inopinément, il raconte un épisode de sa vie qui en dit long: «Je voulais étudier à Saint-Gall parce que c’est une des universités les plus réputées. Je ne parlais pas un mot d’allemand, je devais consulter le dictionnaire pour savoir ce que pouvait bien être le séminaire de «volkswirtschaftliche Integration» auquel je m’étais inscrit.» Et dire que l’homme qui raconte ça appartient aujourd’hui aux espoirs de GS! «Il n’éprouve tout simplement aucun besoin de se vanter. Cela m’a tout de suite frappé. Il a écrit sous ma direction un remarquable travail de diplôme sur la plus-value de la créativité dans la branche du luxe», rappelle Cuno Pümpin, professeur de la HSG qui, avec Rolf Dubs, a le plus impressionné et motivé François-Xavier de Mallmann. Tous deux se rappellent très bien le jeune Romand. «Je me sentais beaucoup d’affinités avec lui et ses congénères romands, parce qu’ils avaient un sacré mérite de suivre un enseignement en allemand dans notre université», souligne Rolf Dubs. Et Cuno Pümpin d’ajouter: «FX s’est incroyablement vite intégré chez nous et il est toujours resté le même, en dépit de ses performances hors du commun.» Cuno Pümpin n’a jamais perdu la trace de François-Xavier de Mallmann. «On est resté en contact et on se rencontre régulièrement.» Il avoue être à chaque fois assez fier de son ex-étudiant et constate qu’il est resté simple, sans prétention, et qu’il préfère toujours parler de faits concrets plutôt que de choses personnelles.
Le respect des anciens professeurs
François-Xavier de Mallmann raconte qu’à Saint-Gall il a partagé un immeuble historique de la Spisergasse avec des camarades d’études. «Je me souviens que, durant les deux premières années, j’ai bûché jour et nuit pour perfectionner mon allemand.» Et il y est parvenu, comme ses deux anciens professeurs le confirment avec respect. En ce temps-là, FX s’octroyait tout au plus un jogging autour des Trois-Etangs. A la différence de ses collègues d’études, il n’y pagayait pas et n’y bronzait pas davantage: il courait. Et inutile de lui énumérer les bistrots préférés des étudiants: il ne connaît ni le Bierfalken ni le Seeger, alors même que les deux estaminets sont situés à un jet de chope de son domicile de l'époque. Pourtant, François-Xavier de Mallmann ne donne pas l’impression d’un bosseur. Et il s’enthousiasme toujours autant pour le Symposium de Saint-Gall, auquel il se rend chaque année, souvent aussi comme orateur. Le professeur Wolfgang Schürer, qui a lancé l’événement il y a quarante ans avec quelques collègues, souligne admirativement: «Il a appris le suisse-allemand en un temps record. Aujourd’hui, il s’occupe également des PME et pas seulement de grands investisseurs. Plutôt rare dans sa position.»
Un environnement tolérant
«Dans notre activité, nous attachons une grande importance à la confidentialité et à minimiser autant que possible d’éventuelles fuites de données. Par ailleurs, nous n’avons pas peur de dire à un client que nous préférons nous distancier d’une transaction même si cela implique que nous devons renoncer à une affaire.» Ce que confirme Wolfgang Schürer. «Je connais deux de ses clients à qui il avait déconseillé une transaction. Cela ne les a pas empêchés de retourner auprès de lui dès que l'occasion s'est présentée à nouveau parce qu’ils avaient confiance.» «Trust» (confiance) est un de ses mots préférés. Surtout lorsqu’on lui parle de sa recette secrète pour faire sensation avec des transactions retentissantes: grâce à sa présence de longue date et à son intérêt marqué pour le marché suisse, Goldman Sachs est un conseiller recherché et s’est hissé à la tête du marché indigène des fusions et acquisitions. «Nous consacrons beaucoup de temps à remporter ces mandats, tout en renonçant à nous approprier des affaires si nous avons l’impression qu’elles ne seront pas recommandables pour le client.» Une dernière tentative d’en savoir plus sur sa vie privée: comment le Genevois se sent-il à Londres où il est maintenant domicilié? «Comme un Européen qui a monté sa tente ici. J’apprécie la diversité des opportunités et le fait que l’on travaille dans un environnement tolérant. On n’est pas tout de suite catalogué.» Cela vaut aussi pour son ardente profession de foi envers Goldman Sachs: «Ici, on n’accorde aucune importance au passé de quelqu’un. Seules comptent la performance et la contribution au succès des clients et de la banque. Ça me convient et c’est pourquoi je me sens si bien ici.»
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