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Private%20Banking vom 30.06.2010 Natalie Gratwohl, 7375 signes |
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| Gestion de fortune: Les banques suisses jouent leurs atouts en Chine |
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| Les grandes fortunes connaissent une accélération fulgurante. Les perspectives de croissance sont infinies. Les établissements bancaires helvétiques entendent bien en profiter. |
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La croissance des marchés asiatiques est bien alléchante. Grandes ou moyennes, les banques privées helvétiques investissent massivement pour préparer leur avenir. C’est en Chine que les perspectives sont les plus prometteuses. Le deuxième marché de gestion de fortune d’Asie connaît une croissance fulgurante. «Pour UBS, la Chine est une des opportunités les plus importantes du monde», confirme Richard Leung, Head of Wealth Management, UBS Securities en Chine. La grande banque est implantée à Pékin et Shanghai depuis 1989. Et en janvier dernier EFG International a ouvert une succursale à Shanghai, et Julius Bär espère obtenir cette année encore une licence bancaire.
«En Chine, les clients privés fortunés sont littéralement comme une aiguille dans une botte de foin. Et en même temps, nulle part au monde la croissance économique, et donc la croissance des groupes cibles, n’est aussi dynamique qu’en Chine», témoigne Fidelis Götz, chef du secteur private banking et membre de la direction de la banque Sarasin. Le développement du marché peut théoriquement bénéficier de moyens presque illimités «mais il est possible qu’au bout du compte on ne mette la main que sur une brindille de foin». «La Chine exige une connaissance très spécifique et approfondie des conditions-cadres réglementaires ainsi que de la culture locale», affirme Erich Pfister, Head Middle East & Asia de Clariden Leu. Il s’agit de surmonter bien des obstacles. Les représentants des banques suisses en Chine citent en exemple les restrictions réglementaires, le contrôle des importations et la pénurie de spécialistes en private banking. La concurrence fait rage entre les établissements financiers. Et d'après la banque privée tessinoise BSI, «les banques locales copient sans vergogne leurs rivales étrangères». Au terme d’un sondage d’opinion réalisé par PricewaterhouseCoopers (PwC) auprès de 42 responsables de banques, la pression de la concurrence s’est révélée le souci numéro un, suivi par l’environnement réglementaire. Les CEO s’attendent à ce que le rythme de la croissance ralentisse. Et ils redoutent aussi que, dans la pratique, la bride soit plus serrée pour les banques étrangères que pour les établissements indigènes.
Peu de visibilité
Par ailleurs, les modifications de la législation sont rarement prévisibles et parfois difficiles à observer. Les banques ont par exemple l’obligation de réaliser un enregistrement vidéo des clients qui ouvrent un compte. Et ce qui pénalise les banques privées, c’est que dans l’Empire du Milieu, les gestionnaires de fortune doivent se plier à de sévères directives sur les produits. «Pour ce qui est du développement de produits et de l’innovation, l’environnement réglementaire est très exigeant. La concurrence s’intensifie sans cesse», précise Richard Leung. Une des personnes sondées par PwC est arrivée à la conclusion que les établissements étrangers ne pouvaient plus se distinguer de leur concurrence locale que par de meilleures prestations. Le marché du private banking en Chine est encore balbutiant. Les nouveaux super-riches ont amassé la plus grande partie de leur fortune ces vingt dernières années. Pour eux, le concept traditionnel de private banking proposé par les Suisses est encore inédit, inhabituel. «Nous ne croyons pas que ce marché soit déjà mûr pour ce genre de gestion de fortune», dit-on chez Lombard Odier, à Genève. Bien des Chinois fortunés sont portés sur les opérations en Bourse, ils ne connaissent en général pas suffisamment les avantages d’une diversification des avoirs. Quelques banques suisses, à l’instar des genevoises Pictet et Lombard Odier, n’entendent pas encore s’implanter sur le continent. Elles préfèrent continuer à s’occuper de leurs clients fortunés à partir de leur succursale de Hongkong. Si le marché chinois se développe davantage, les attentes de la clientèle augmenteront. Tom Meier, responsable de Julius Bär pour l’Asie, constate d’ailleurs que «le besoin de prestations de private banking de haute valeur est en nette augmentation». Les perspectives de croissance en Chine se vérifieront quand le marché sera plus libéralisé. Pour pouvoir profiter de telles opportunités, les gestionnaires de fortune suisses devront montrer des dispositions pour la compréhension culturelle et une grande volonté de s’accrocher.
Leurs stratégies chinoises
- UBS, Implantée depuis 1989. La grande banque possède depuis 1989 des représentations à Shanghai et Pékin. Par le biais d’UBS Securities, dont elle possède 20%, UBS a géographiquement accès à plus de 60% des personnes fortunées en Chine.
- EFG Bank, Objectifs ambitieux. A fin janvier 2010, EFG International a ouvert une succursale à Shanghai. La banque affirme poursuivre en Chine des projets ambitieux. La représentation de Shanghai en est le premier pas.
- Sarasin, Etablir la marque. Sarasin investit dans la notoriété de sa marque. Pour le moment, la banque se concentre sur la croissance de sa succursale de Hongkong. A moyen terme, elle entend prendre pied sur le continent.
- Clariden Leu, Marché important. Pour Clariden Leu, filiale de Credit Suisse, la Chine représente un marché important au sein de sa stratégie asiatique. A moyen et plus long terme, la banque privée n’exclut pas de s’y établir.
- Credit Suisse, Succursale à Shanghai. Credit Suisse est présent en Chine depuis 2007 avec une succursale à Shanghai. En outre, la grande banque a étendu ses activités onshore avec la création d’une joint-venture.
- Julius Bär, Licence bancaire demandée. La banque privée a demandé une licence bancaire et s’attend à la recevoir cette année encore. Pour Julius Bär, la Chine constitue une pièce maîtresse de sa stratégie en Asie du Nord-Est.
- BSI, Stratégiquement important. Pour la banque tessinoise, une présence de quelque sorte que ce soit en Chine est considérée comme étant d’une importance stratégique. Pour le moment, la BSI bénéficie d’une représentation à Shanghai.
- Lombard Odier, Pour l’heure, Hongkong suffit. La banque genevoise opère à partir de Hongkong et n’a pas de projet d’implantation en Chine continentale. Aux yeux de Lombard Odier, le marché n’est pas encore prêt pour le private banking traditionnel.
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Ce qu'il faut savoir
Concentration. Les villes chinoises importantes pour la banque privée sont Pékin, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen, Hangzhou et Suzhou où se concentre la moitié des millionnaires chinois. Croissance. Les premières prestations de private banking en Chine n’existent que depuis 2006. Licence bancaire. Pour proposer des prestations classiques de banque privée, une licence bancaire générale suffit. Nul besoin d’une licence spécifique de banque privée. Plaque tournante. Hongkong est un point de départ idéal pour une banque privée. Beaucoup de Chinois considèrent l’ancienne colonie britannique (jusqu’en 1997) comme un havre sûr. La métropole est une des plus grandes places financières d’Asie. Sa Bourse est le Hongkong Stock Exchange. L’indice boursier principal est le Hang Seng Index. Il comporte 42 sociétés. Politique. La Grande-Bretagne a rétrocédé en 1997 sa colonie à la Chine. Les institutions politiques y sont plus ou moins indépendantes de la Chine, ce qui rend possible le développement d’une économie de marché libre.
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